Tous les bons plans musique près de chez vous

Billet de blog [ITW] Entretien avec Benjamin Levy et Lorenzo Gatto [Billet de blog] 

Last modified: 27/09/2013 2:42 pm, (Node ID: 144381, Object ID: 144520)

French (France) 

[ITW] Entretien avec Benjamin Levy et Lorenzo Gatto

L’équipe Esprit Musique est allée à la rencontre du chef d’orchestre et de son premier violoniste, pour leur poser quelques questions. En voici l’essentiel !

[ITW] Entretien avec Benjamin Levy et Lorenzo Gatto

Le 30 août dernier, dans le cadre du Septembre Musical de l’Orne, L’Orchestre de Chambre Pelléas créé et dirigé par Benjamin Levy présentait un Hommage à Beethoven en l’Eglise Notre-Dame d’Alençon. L’avant-veille, l’équipe Esprit Musique est allée à la rencontre du chef d’orchestre ainsi que du soliste qui l’accompagne, Lorenzo Gatto, pour leur poser quelques questions. En voici l’essentiel !

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Benjamin Lévy : Je suis entré au CNSM de Lyon, à vingt ans puis au CNSM de Paris. J’ai étudié en Italie, aux Etats-Unis, avec David Ziman, brillant chef d’orchestre et très bon pédagogue. Puis j’ai rencontré Marc Minkowski, dont je suis devenu l’assistant, et j’ai commencé à diriger « Les Brigands », compagnie dans laquelle nous faisions du répertoire léger, les musiciens des Brigands est devenu le noyau fondateur de l’Orchestre de Chambre Pelléas.

Lorenzo Gatto : J’ai commencé à jouer du violon sans savoir que j’allais en faire ma profession. J’ai commencé une année de droit et passé dans le même temps le concours Reine-Elisabeth-de-Belgique (NDLR : concours destiné à récompenser des instrumentistes, chanteurs ou des compositeurs. Pour précision, La reine Elisabeth était elle-même excellente violoniste. ). Recalé, j’ai dû prendre une décision : violon et études, ou violon à temps complet ?

J’ai donc rejoint Vienne pour apprendre auprès de Boris Kouchnir : à 18 ans, j’étais un violoniste relativement formé, avec déjà pas mal de concerts à mon actif, mais j’ai dû tout reprendre à zéro. Quatre ans plus tard, j’ai présenté à nouveau le concours, et ai décroché le second prix, lançant par la même occasion ma carrière et me permettant d’être un peu plus sûr de moi.

Quelles sont les personnalités du monde de la musique qui vous ont aidé à avancer ?

Lorenzo Gatto : Augustin Dumay est selon moi l’un des grands maîtres de l’école franco-belge. C’est un violoniste qui m’a beaucoup marqué par son approche anti-académique de la musique. Quand on étudie la musique, on est hanté par toute une série de dogmes musicaux, on s’enferme dans un carcan dont il est difficile de sortir. Lui était violoniste de formation, puis est devenu chef d’orchestre en autodidacte ; il m’a complètement libéré, avec son approche du phrasé très libre.

<iframe width="627" height="353" src="//www.youtube.com/embed/QxCSpx6zmV0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>

Quels sont les orchestres qui vous ont le plus marqué ? Ceux avec qui vous avez pris le plus de plaisir à jouer ?

Benjamin Lévy : Même si l’orchestre Pelléas est la Rolls, la Porsche, la Maserati des orchestres (rires), j’ai beaucoup aimé diriger le Rotterdam Philharmonic la saison dernière. J’ai aussi apprécié l’Orchestre de Chambre de la Radio Néerlandaise, qui n’existe plus aujourd’hui, l’Orchestre National d’Ile-de-France et l’Orchestre National de Lorraine.

Lorenzo Gatto : Pour ma part, j’ai joué avec le Rotterdam Phiharmonic et il est vrai que le niveau est excellent. De tradition russe, rigoureux, brillant et riche, mélange entre sonorités russes et érudition à l’occidentale… Il y a quelque chose de raffiné dans cet orchestre, et la manière dont les musiciens jouent.

Lorenzo, quelle différence pour toi de jouer avec un orchestre symphonique ou philharmonique et un orchestre comme celui de Benjamin, orchestre de chambre ?

Lorenzo Gatto : J’ai joué l’Hommage à Beethoven avec un orchestre philharmonique dirigé par Benjamin. La musique, c’est une écoute mutuelle, et Benjamin avait créé cette écoute avec l’orchestre. C’est ce qui compte car les deux types d’orchestres sont intéressants : une plus grande vivacité avec un orchestre de chambre, et une sonorité plus ronde avec un orchestre étendu.

Benjamin Levy : Si l’on joue sur instruments modernes, ce genre de répertoire (classique et préromantique) est intéressant à aborder avec un orchestre de chambre car, les instruments ayant changé, on parvient à rééquilibrer le son avec des orchestres plus petits. Par exemple, à l’époque de Beethoven, les cordes étaient en boyau donc sonnaient moins fort, on entendait donc probablement mieux les vents. Avec moins de cordes sur les instruments modernes, on se rapproche de l’équilibre, du son d’un orchestre d’époque.

Benjamin, fonder ton propre orchestre, pourquoi ?

Benjamin Lévy : En cours d’histoire de la musique, on m’avait parlé d’un orchestre fondé par les élèves du conservatoire et les professeurs au début du XIXème siècle, (La Société des Concerts du Conservatoire) ça m’avait passionné ! Un orchestre géré de l’intérieur, où les gens étaient impliqués… C’était mon rêve !

<iframe width="627" height="470" src="//www.youtube.com/embed/-6bCsVcHzOI" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>

Pourquoi ce nom, Pelléas ? En référence à l’opéra de Debussy, Pelléas et Mélisande ?

Benjamin Lévy : C’est l’un des membres du noyau fondateur de l’Orchestre qui l’a lancé au hasard et je l’ai repris. Il me plaisait car il faisait effectivement référence à cet opéra, qui est une pièce emblématique du répertoire français, et nous sommes un orchestre français. Il s’agit d’une histoire d’amour absolu, et c’est ce qu’on vit dans cet orchestre, une sorte d’idylle. On se retrouve tous là par amour de la musique et parce qu’il y a une estime mutuelle très forte entre nous.

Que représente l’apport d’un mécène comme la Caisse d’Epargne pour un orchestre comme le tien ?

Benjamin Lévy : Le problème d’un orchestre comme nous, c’est que, n’étant ni subventionnés par l’Etat ou par une collectivité, ni implanté dans un territoire en particulier, nos concerts sont assez couteux. Or, mis à part quelques rares structures, peu sont capables de se payer un concert aussi cher. L’apport de la Caisse d’Epargne nous permet de vendre nos concerts beaucoup moins cher et nous encourage à faire encore davantage de tournées ; c’est une aide à la diffusion !

De plus, ça me touche que ce soit la Caisse d’Epargne et non une autre banque, car elle appartient à ses sociétaires. C’est amusant comme parallèle, un orchestre fonctionnant de manière collégiale qui trouve comme mécène une banque qui appartient à ses clients !

Que ressentez-vous quand vous dirigez, quand vous jouez ?

Benjamin Lévy : Un plaisir du dialogue, de l’échange. Cette impression du « présent éternel » : quand on fait de la musique, on ne peut pas s’arrêter on est en quelque sorte esclave (volontaire !) du temps ; le passé n’existe pas, le futur se limite aux quelques mesures à venir. Pas d’inquiétude, de peur ou d’angoisse dans ce présent musical, n’est-ce pas la définition du bonheur ?!

Lorenzo Gatto : Quand l’écoute du public est totale, qu’au moment où le son s’arrête, tout le monde est suspendu : c’est une recherche du silence. Outre le bruit qu’on produit, c’est le silence qui vient après qui a du sens.

Justement, toi qui es né en Belgique, a étudié en Autriche et joué dans le monde entier, comment perçois-tu l’accueil du public français ?

Lorenzo Gatto : Je n’ai pas encore beaucoup joué en France – dans des festivals, un peu à Paris – mais le public français ressemble assez au public belge. C’est un public agréable, globalement connaisseur. Quand tu joues à Vienne, le public est beaucoup plus prétentieux. Ce n’est pas une pression que l’on ressent en France où le public est relativement accueillant sans être dupe. Et en Hollande, le public est particulièrement enthousiaste et attentif, si bien que les Hollandais se lèvent après chaque concert, ce qui fait que la première fois qu’on y joue, on a l’impression d’avoir fait un super concert ! (rires)

Quels sont les compositeurs que vous aimez interpréter ?

Lorenzo Gatto : Je suis passé par beaucoup de phases. J’ai adoré Mozart et Prokofiev pendant très longtemps : j’aimais la manière dont ils parlaient de quelque chose de très dramatique avec ironie. Puis j’ai plongé dans la musique allemande : Strauss, Mahler, et suis revenu vers quelque chose de plus épuré. Aujourd’hui, je suis amoureux de Beethoven. A l’opposé de Mozart et de Prokofiev, le ressenti beethovenien montre qu’il s’agit de quelqu’un qui ne rigole pas avec la vie mais qui est enfermé dans un carcan, qui a besoin d’exploser.

Benjamin Lévy : C’est toujours très difficile de répondre à cette question, tant mes goûts sont variés. C’est toujours un peu comme si on demandait à un enfant s’il préfère son papa ou sa maman ! La musique française du début du siècle me touche particulièrement, mais il en va de même de Beethoven, Schubert, Prokofiev, Mendelssohn, Wagner, Verdi, Strauss, Mozart, Haydn, Dutilleux …. !

Votre actualité ?

Benjamin Lévy : Direction de l’orchestre de Résidence de La Haye, pour un projet un peu spécial : l’orchestre se déplacera en boîte de nuit ! Puis Madrid, la Hollande, « L’enfant et les sortilèges » de Ravel à Lausanne, retour à l’Orchestre National de Lorraine, débuts avec le Philharmonique de Moscou….

Lorenzo Gatto : L’enregistrement de l’Hommage à Beethoven avec l’Orchestre de Chambre de Pelléas, puis l’Autriche, Saint-Pétersbourg, Bucarest… Et un projet avec deux amis violonistes, Trilogy. On y joue toutes les musiques qu’on aime : musiques de film, pop… et en concert, nous sommes accompagnés d’un orchestre symphonique amplifié. Une tournée en Allemagne se prépare, aussi.

<iframe width="627" height="353" src="//www.youtube.com/embed/JB_ghvfZ3ao" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>

Propos recueillis par Margaux Strazzeri et Claudia Yvars, pour l’Equipe Esprit Musique.

27/09/2013 2:29 pm
No relation

Tags: Concerts Classiques Concerts Classiques

Pas d'étiquette
There are no related objects.
Creator Created Section Versions Translations Node ID Object ID
27/09/2013 2:33 pm
3 1 144381 144520
Node Remote ID Object Remote ID
f0bf23c4ea3e52a08ba408e3a365e0bf bed12fee0d46a6839f6e9e10fe4d4e8c

Content state

No content object state is configured. This can be done here.
Invert selection. Location Sub items Visibility Main
Accueil / Actualités / Face à Face / [ITW] Entretien avec Benjamin Levy et Lorenzo Gatto 0 Visible [ Hide ]
Related objects (0)
The item being viewed does not make use of any other objects.

Reverse related objects (0)
The item being viewed is not used by any other objects.
Published order
You cannot set the sorting method for the current location because you do not have permission to edit the current item.

Up one level. Sub items (0)

Logo Twitter