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Yalta Club

Yalta Club

Après un premier album sorti sur le label Atmosphériques en 2013 et une tournée de 150 dates couronnée de succès en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en France, Yalta Club a repis son souffle rapidement. Au printemps 2016, le club présente son nouvel EP MIDAS avant de repartir pour un tour de scène aux quatre coins de l’Europe, en passant par le Café de la Danse à Paris le 8 avril.

Leurs morceaux content l’histoire d’un eldorado devenu cage dorée, d’un rêve devenu cauchemar. Florent Livet - bînome de Zdar sur Wolfgang Amadeus Phoenix et Pavle Kovacevic - arrangeur du My God Is Blue de Sébastien Tellier en ont été les architectes sonores. La production est ambitieuse. Elle est notamment faite de sonorités organiques venues du monde entier : percussions latinos, surdo, balafon, choeurs d’Afrique de l’Ouest, chants amérindiens, tablas indiennes... Chauffé à blanc par les folles nuits berlinoises, le groupe a creusé ses cernes en bidouillant TR - 606, Jupiter 8, Juno et consorts. Toutes ces expérimentations sonores, organiques comme électroniques, ont servi le même but : trouver une couleur, une texture singulière, bref, une identité.

Il y a trois ans, nous avions laissé Yalta Club sur un album léger qui jouait la contradiction entre des musiques joyeuses et des textes certes conscients du monde qui les entourait, mais distanciés. Ici, les tempos se font plus posés, les ambiances plus lourdes, les textes plus profonds. La marque d’un groupe qui s’assume enfin et a laissé derrière lui les complexes de l’adolescence. Et dès les premières notes d’Exile, longue errance à la somptueuse explosion finale, le constat est sans appel. Quelque chose a changé. Le titre traite de la question des migrants, un sujet qui tient particulièrement à coeur à Corinna, figure féminine du Club.

Membre engagé de SOS méditerranée, elle est aussi créatrice et directrice d’une fondation d’intérêt général en faveur de l’insertion des réfugiés en Allemagne. The Door, deuxième morceau de cet EP, enfonce le clou en abordant le sujet difficile des violences sexuelles. Adulte le Yalta Club ? Si on entend par là plus lucide, plus affirmé, oui. Mais son envie boulimique de musique est encore celle d’un enfant, pure et intarissable. Et le dernier morceau, LOVE, écrit en réaction aux attentats de Paris en janvier 2015, en est la traduction. Elle prend la forme d’un cri à la naïveté bouleversante : «Why can’t we just love each other ?». En live, Yalta Club et son nouveau guitariste partent à la recherche de leur insouciance perdue pour créer une bulle d’air, hors du temps, comme si tout devait s’arrêter demain.

La fête est finie ? Pas si sûr...

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