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--- Le Point Ephémère à Paris, adhérent du programme Scènes en Régions, a sélectionné le groupe MAI pour faire partie du concours Jeunes Talents Caisse d'Epargne 2011-2012. ---

En 2007, le duo Mai, dépose l’album « Still Need A Kiss » au seuil du printemps qui lui a donné son nom. La voix de la chanteuse Johanna Wedin, tout juste débarquée à Paris depuis sa Suède natale, semble alors encore emmitouflée au creux de musiques minimales et minérales, sensibles aux givres de l’électro (Portishead) comme aux brises nocturnes de la country mélancolique des Cowboys Junkies. Bientôt, Dorian Dumont (The Teenagers), l’alter-ego des débuts, cède la place à Frédéric Fortuny (ex-Autour de Lucie) et en 2010, un nouveau chapitre s’ouvre avec le bien nommé EP « Silent Seduction ».

Cette fois, nul besoin de fendiller la glace pour que la séduction opère, quatre compositions originales assortie d’une reprise de Dylan autrefois adaptée par Fairport Convention montrant clairement une autre voie pour Mai, celle du folk anglais ensorcelé des années 60/70. Inspirée par Vashti Bunyan ou Sandy Denny, Johanna ose alors un chant plus incarné tout en cultivant, comme ses modèles, une forme de grâce aérienne aux sérieux pouvoirs d’envoûtement. En retapant de vieilles boiseries prélevées sur les disques de John Martyn mais en les vernissant à leur goût, parfois avec une étonnante frivolité, le duo a élégamment évité le piège qui guette certains antiquaires folk contemporains.

Toutefois, ne cherchant pas à s’attarder trop longtemps sous ces bois dormants peuplés de fantômes (« Our Ghosts »), Johanna et Frédéric décident alors de changer encore d’horizon pour un nouveau cycle de chansons que l’on découvre aujourd’hui sur ce nouveau ep, « Sweet Unrest ».

Ouvertement plus solaire et volontiers uptempo, résolument pop dans son approche, il offre en autant de parutions un troisième angle de vue sur les émois de Mai. Le léger
accent brésilien du virevoltant « A Sense Of Passion » témoigne ainsi d’humeurs plus badines, avec des guirlandes électroniques qui agissent comme les lampions d’une
euphorie enfin trouvée. Autant admiratif de la Peggy Lee juvénile des débuts que du songwriting passionnel de Joni Mitchell, aimant papillonner du Broadway des années 30
jusqu’aux Laurel Canyon hippie des seventies, le duo a encore su tirer des fluides personnels de ces sources d’inspiration. Leurs mélodies, longtemps molletonnées dans des contre-jours craintifs, n’hésitent plus à éblouir (« Teeny Tiny », « Is There Someone To Save Us »), à laisser éclore leurs penchants les plus séducteurs. Même lorsqu’ils s’abandonnent aux douces rêveries et retrouvent leur édredon folk (« Something Anything », « Big Fish, Small Bird »), c’est avec l’apaisement d’avoir franchi une étape décisive dans la marche discrète et patiente d’une carrière qui n’en est encore qu’au printemps.

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