Tous les bons plans musique près de chez vous

Kinski Elevator

--- Le Triton aux Lilas, adhérent du programme Scènes en Régions, a sélectionné le groupe Kinski Elevator pour faire partie du concours Jeunes Talents Caisse d'Epargne 2011-2012. ---

Autant le dire d’entrée : se contenter de survoler la galaxie Kinski Elevator relève du non-sens absolu. Serial-clickers et autres adeptes de la touche « avance rapide », passez votre chemin ! On parle musique ! Avec tout le pouvoir émotionnel et la capacité à nous désorienter qu’elle possède. Et, en ces temps de formatages tous azimuts où le dernier groupe de post-bobos alter-punks néo-hirsutes arrive à passer pour la huitième merveille du monde, il est aussi savoureux qu’inespéré de tomber sur ce genre d’ovni. Car, c’est un bonheur, on ne s’aventure pas sans risque dans l’espace musical de Kinski Elevator.

Aux portes de l’ascenseur Kinski, un trio nous attend, déterminé. Initiateur du projet, Serge Rogalski pourrait être considéré comme le patron de l’entreprise. Mais ici, pas de leader, pas de capitaine. Bien mieux : trois stratèges partageant équitablement l’engagement et les responsabilités. Trois pilotes avec lesquels on embarque pour un voyage inédit où se mêlent les styles les plus convaincants des cinq dernières décennies en matière de rock. Parce que, même si la culture jazz a favorisé leur rapprochement, ces trois-là nourrissent de longue date une passion dévorante pour le rock, citant volontiers Pink Floyd, Jimi Hendrix, Them Crooked Vultures, Deerhoof ou …Magma dont Bruno Ruder est le Rhodes-en-chef depuis trois ans.
Début 2011, l’équivalent d’une mi-temps de football – sans le temps additionnel – est enregistré dans le studio parisien du troisième larron, Pierre Luzy. De ces sessions, sont issus le EP Inner Crab Dogs, mais aussi l’album à venir, They were […] in love, qui reprendra les quatre morceaux dans des versions beaucoup plus étendues ainsi que deux nouveaux titres.

Entre trouvailles arythmiques, mélodies pernicieuses et références insoupçonnées, Kinski Elevator plante avec élégance et persuasion un décor surprenant. Royaume buissonnier dans lequel se répandent avec délice des histoires d’amour, toujours… où le surréalisme, au gré de quelques pensées luxurieuses, repousse parfois la grisaille des habitudes. Des mots capables de virer du bleu-glacier au rouge-profond, sans maquillage outrancier.
En se laissant guider au gré des étages, l’infini dédale des paliers Kinski Elevator ressemble à une sorte de labyrinth-movie où rôderait l'ombre de David Lynch. Où Can et Zappa croiseraient Tortoise et Happy Apple. En France, depuis Ulan Bator et Prohibition, on n’avait pas connu plus belle intransigeance.

Jean-Michel Marchand

Logo Twitter