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CLARA LUCIANI

CLARA LUCIANI

D’abord une voix. Sèche et moelleuse à la fois, sensuelle et droite, impressionnante et pourtant toute
simple, lisible, immédiatement familière.
Il y a souvent de ces singulières alliances de contraires chez Clara Luciani. D’ailleurs, on ne sait si
elle est plus une solitaire aux yeux sombres ou une partageuse au coeur large. Elle condamne aux
paradoxes, aux oxymores, aux émerveillements emmêlés.
On dira donc qu’elle est une radieuse dispensatrice de spleens heureux.
Ses chansons sont d’ailleurs nées à la fois d’une séparation et d’une rencontre. Le noir fracas d’un
amour qui s’achève et la lumineuse association avec Sage, alias Ambroise Willaume, créateur de
Revolver.
Également chanteuse dans La Femme, Nouvelle Vague, Bristol ou le duo Hologram, Clara accompagnera,
à partir de novembre, le chanteur Raphaël sur scène et sera sur la tournée de La Femme.
Clara, jusque là – et depuis les premières chansons adolescentes, chantait en anglais.
Spontanément, quand le malheur amoureux survient, les chansons lui viennent en français. Or Clara
est à la fois enfant de l’Art Brut et de George Sand – le premier jet et la langue « tenue », le sentiment
lâché tout entier dans la phrase et la justesse parfaitement mesurée de chaque mot.
Ainsi Clara Luciani fait entendre des vers comme on imaginerait difficilement en entendre chez une
enfant du XXIe siècle : « C’est ton cou que je tords / C’est moi que j’assassine » dans Bovary, « À
l’horizon de moi / Quelques brûlures / Et dans le miroir parfois / Ma belle imposture » dans Cette
chanson…
On ne sait jamais si, dans ses chansons, la lumière est celle de l’aube ou celle du crépuscule, celle de
la fin d’une nuit douloureuse ou celle de l’entrée dans l’émerveillement du soir. Mais, pour la carrière de
Clara Luciani, c’est celle d’un splendide début.
Bertrand Dicale

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