Tous les bons plans musique près de chez vous
Youssoupha vit ses rêves au Zénith et les partage

Youssoupha vit ses rêves au Zénith et les partage

Le rappeur disque d’or pour « Noir Désir » en 2012 a enflammé un Zénith de Paris plein à craquer le mardi 10 novembre. Avec son nouvel album « NGRTD » (lire « Négritude »), toutes les couleurs, toutes les origines et toutes les différences se retrouvent sous la même bannière. Un étendard tissé de mots engagés et intelligents qui ont construit son image de philosophe du hip hop. Tolérance, amour et solidarité pour message ; sincérité, énergie et talent pour vecteur.

 

À son entrée sur les planches du Zénith, le rappeur lâche un « Salam alikoum » poli dans une ambiance survoltée qu’il maintiendra, aidé de ses musiciens virtuoses, jusqu’à la fin du show. Dès la fin du premier morceau, Youssoupha adresse d’ailleurs un « Un big up » spontanée à son batteur qui s’avère être un monstre de scène et un génie du break, jetant le bras haut pour percuter les temps. À ses côtés, un Dj, un guitariste et un claviériste non moins talentueux constituent le reste du groupe, sans oublier un second Mc qui épaule en virtuose de la rime le « Prims Parolier », surnom donné à Youssoupha pour son talent d’écriture.

 

Dans le public on voit des jeunes de tous horizons, et chose plus rare : des spectateurs de tous âges. Un même visage aux traits souriant semble revenir à l’infini dans la foule. On n’est pas étonné d’entendre résonner dans la salle comme dans les cœurs un éloge de la différence, véritable source d’inspiration du rappeur qui se situe bien loin des clichés auto alimentés d’un rap gangster.

 

Et les zygomatiques restent largement tendues, que le flow soit optimiste, plus aiguisé, ou quand simplement il pose les bonnes questions : « qui peut prétendre faire du rap sans prendre position ? ».  Punchlines répétées par un large panel de rappeurs français dans le titre original « Menace de mort », le ton est posé : nous faisons tous la fête, mais une fête sociale autour de personnes engagées.

 

« L’effet papillon », titre de plus de six ans vient le rappeler, et d’autant plus quand la chanson s’achève et que profitant de la transition Youssoupha demande avec malice : « est-ce que le hip hop est une sous-culture ? ». Négation unanime devant l’évidence pour laquelle il faut encore se battre.

 

Héritier de la non-violence et du calme à l’instar d’un Soprano, certains vont jusqu’à le comparer au Jay-Z français.

 

Youssoupha vit ses rêves au Zénith et les partage

 

Généreux, Youssoupha encense le flow de son binôme, puis c’est au duo de vanter les mérites du public parisien : comme une équipe de foot qui joue à domicile, ils sont d’autant plus heureux de faire le show ce soir dans la ville lumière. Ca part en trio comique avec le Dj pour chauffer le public, déjà conquis et prêt à faire résonner les parois du Zénith : à droite, à gauche, au fond, partout.

 

Les titres, déjà puissants sur l’album, sont ici transcendés par un jeu live qui donne corps à une musique aussi dansante que percutante. A l’intérieur des têtes résonnent les textes contés avec l’éternel cheveu sur la langue qui charme. Les injustices du quotidien sont dénoncées avec un bon sens sans équivoque. Le rappeur évoque également son enfance à Kinshasa et son adolescence à Paris, récit d’une vie atypique : cet ancien étudiant à Paris 3 Sorbonne Nouvelle élevé en France par sa tante, envoyé par sa mère qui croit en lui n’avait pas un destin tout tracé dans le rap. Mais l’amour de la langue française et son talent d’écriture, avec en prime un père musicien, Tabu Ley Rochereau, font de sa présence au Zénith ce soir une évidence.

 

Sur scène, Youssoupha est tellement décontracté qu’il utilise par intervalle une planche à roulettes ultra moderne et menace avec dérision quiconque publiera une vidéo d’une éventuelle chute.

 

Entre les morceaux, il discute avec le public, avide d’échanges. La foule interagit constamment.

 
Youssoupha vit ses rêves au Zénith et les partage

 

De son set on retient bien entendu son dernier tube « Entourage » qui prône les vertus du partage et la force de la solidarité, de la paix et de l’amour. Il dédicace la chanson à chacune des entités repérés : les filles venues en célibataires, les sénégalais, les couples, les amis black, blanc beur, rebaptisés la « team France ». Youssoupha a de l’amour à revendre, il entend le faire savoir en incitant son public à se faire des « free hugs ». On se touche les épaules, ou s’enlace entre inconnu venu par l’amour du même son et des mêmes valeurs. « Heureux pour donner l’exemple » chante le rappeur qui se fait philosophe et sage à la fois.

 

 

Dans « L’espérance de vie », tout le monde se reconnaît à travers des mots que chacun répète, l’âme un peu lourde de rancœur, allégée malgré une instru lourde.

 

Dans la même veine poétique, les paroles laissent placent à l’acte : si Paris est la Ville Lumière, Youssoupha tourne le dos au public et demande à ce que tous les portables et briquets s’allument. Une véritable constellation s’offre à ses yeux avant de lancer « Mr Miss Smile », hommage à tous ceux qui le soutienne et qui l’ont porté. Encore une histoire d’entourage, et la une voix d’ange vient chanter les « You make, you make me smile ». Elle n’est pas la seule.

 

« Je m’appelle Youssoupha et je suis en train de vivre mes rêves ». Un rêve de faire vibrer dans son amour contagieux les cœurs de son public.

 

 

Il demande alors à danser, et pour se faire indique une chorégraphie qui consiste à reculer, avancer, aller à gauche et à droite, de plus en plus vite. Ayant transformé le Zénith en véritable « bal congolais des années 70 » avec une petite guitare solaire qui balance ses rayons, et des percussions qui rappellent le zouk antillais Youssoupha réussit un tour de force : vivre ses rêves, et partager ses valeurs positives en live avec plus de six milles parisiens.

 

Réservez vos places pour toutes les dates de la tournée de Youssoupha à tarifs réduits.

Logo Twitter