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Verte a été la Nuit à la Maroquinerie

Pour sa seconde édition, l’événement de Chartreuse a monté une soirée rétro naviguant entre les années 50’s et 60’s avec de jeunes groupes français rockabilly, calypso et rock’n roll qui ont donné chaud à une Maroquinerie non loin de l’explosion.

 

 

Le brasier ardent qu’est devenue la salle de concert mythique des hauts de Ménilmontant donnait en effet des envies Chartreuse. Servie citronnée, glacée et rallongée à l’eau, la sensation de fraicheur était salvatrice sous les bras tatoués, les vestes en jean et autres cuirs fréquents en ce soir brûlant du lundi 15 mai.

 

Et pour cause, la programmation caliente de « Verte est La Nuit » semblait en allégorie totale avec un shot de spiritueux : d’abord le soleil émeraude qui glisse dans la trachée comme les exotiques Loire Valley Calypsos au restaurant, puis la fièvre calorifère et enivrante dans la salle de concert à l’instar des Howlin Jaws.

 

 

Animées par les grands noms du rockabilly comme des piliers rock modernes (Arctic Monkeys, Nirvana…), les compositions du trio parisien de 25 ans sont autant de munitions fatales en live. Contrebasse, guitare et batterie alimentées à l’énergie punk et une technique précise, classique et érudite rock’n roll ne laissent aucune chance aux hanches en plastiques. Avec un jeu de guitare proche de la surf music sur les solos, les trois expéditions dans la fosse de Lucas font prendre quelques degrés en plus à un public tout sourire et tout en sueur. « Kings of surf » clamé comme un hymne à la Ramones, toujours avec cette saveur 50’s, ou en terminant sur un titre détenant le cri existentiel « we are The Howlin Jaws » entre la réverb puissante, Djivan, Baptiste et Lucas assurent un prochain EP explosif à l’automne, et encore des concerts gominés sulfureux.

 

 

En assurant les changements de plateaux au restaurant et bar, Loire Valley Calypsos garde l’ambiance 50’s, mais nous transporte plus au sud des Etats Unis, au Venezuela, aux Antilles avec même quelques détours dans le Pacifique. Peut-être curieux pour un groupe d’Angers, le voyage est néanmoins réussi. Banjo, contrebasse, guitare à réverbérations étincelantes et percussions accompagnent des chœurs tiki-pop, dans une joyeuse ambiance tropicale. Les chemises à fleurs fièrement arborées ne trompent pas. On croirait sentir les embruns iodés entre les bonnes ondes solaires, et chaque chanson qui parle de limbo ou de noix de coco (arécacées souvent mentionnées) est un prétexte à des danses ondulantes.

 

 

Après la machine à rythmes latino et les claviers funk old-school des vétérans anglais de Big Boss Man, les Grys-Grys ont assuré la surchauffe de la salle et des amplis Vox.

 

 

Avec un look de marins en escales, chemises ouvertes sur des corps noueux, et une capilosité sauvage digne des 60’s on croirait entendre un mélange de Doors sous speed et de Kinks fous. Accueilli par des pogos, une pluie de bière interrogeant sur les conditions météorologiques, les cinq musiciens de Montreuil se sont déchainés comme des diables, que ce soit sur leurs guitares, leur basse, leur batterie, ou leur harmonica : un set dantesque qui fait craquer le mercure.

 

 

Verte était la Nuit une seconde fois, et La Maroquinerie illustre, encore et toujours, qu’elle restera une fête rock’n roll… au pluriel du terme !

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