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VKNG au festival Papillon de Nuit

VKNG au festival Papillon de Nuit

Nous sommes allés voir le groupe VKNG au festival Papillons de Nuit en Normandie. Sélection Jeunes Talents Caisse d’Epargne 2016, c’est le projet pop du duo génial formé par Thomas de Pourquery, figure du jazz contemporain bien décidé à s’encanailler sur de nouveaux territoires musicaux et Maxime Delpierre, guitariste et producteur hors pair qui compte parmi ses collaborateurs Oxmo Puccino ou encore Damon Albarn. 

 

Une remarque liminaire : VKNG ne disposait pas du créneau le plus favorable pour monter sur scène. Programmés pendant le concert-événement d’Indochine, qui à quelques pas de là rassemblait des dizaines de milliers de personnes amassés devant la scène Vulcain d’où jaillissaient, en éruption sonores et pyrotechniques, des tubes ancrés dans les mémoires émotionnelles de plusieurs générations réunies, il fallait sans conteste faire preuve d’une volonté de fer et disposer de deux ou trois arguments sous le coude pour faire rester les quelques égarés qui ont eu l’heureux hasard (l’esprit de contradiction ?) de venir se perdre devant la scène Érebia.

 

 

Et d’arguments, VKNG n’en manquait pas. Initialement un duo, la formation s’est muée pour le live en quatuor redoutable. La voix de Thomas, qui s’épanouie autant dans les graves qu’en fausset, est portée par la guitare énervée, sauvagement groovy de Maxime, le tout agrémenté de quelques machines et emmené par un duo basse-batterie plus qu’efficace.

 

D’emblée le chanteur interpelle la foule : « vous avez déserté Indochine ?! C’est mal, c’est très mal… » ? Point d’amertume pour autant, VKNG est venu avec la ferme intention de déverser son groove chaloupé gorgé d’amour. L’herbe, humide encore de la dernière pluie, se transforme peu à peu en un dancefloor étonnamment solaire, des images d’Ibiza nous parviennent au fin fond de la Normandie verdoyante, la correspondance n’était pourtant pas évidente…

 

 

Sans relâche Thomas harangue, tease et attise le public qui en redemande. Aucun des membres ne s’économise. A l’inverse, il semble que face à une concurrence si déloyale, le groupe a décidé, par esprit bravache, de donner le meilleur concert de son existence. La transe atteint son climax lorsque Thomas se saisit d’un saxophone soprano et se lance dans une improvisation sur fond de disco technoïde fascinante.

 

La mise en lumière est somptueuse, les faisceaux, par moments, viennent enfermer le chanteur dans un entrelacement de lumières qui forment autour de lui, un diamant scintillant, comme un écrin pour préserver ce chant somptueux qui repousse les ténèbres.

 

 

Le tee-shirt paré d’une tête de lion, le leader mène sa meute avec conviction jusqu’au terme du set qui dure à peu près une heure. On termine une fois de plus totalement conquis par ces vikings, à tel point qu’on en viendrait presque à remercier Nicolas Sirkis de nous avoir permis d’assister au concert de VKNG dans un cadre intimiste, pour mieux prendre en plein figure la toute-puissance de leur musique.

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