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Une soirée cosmique à Montpellier

Une soirée cosmique à Montpellier

Le public présent ce vendredi 6 novembre au Corum de Montpellier ou à l’écoute sur Radio Classique a pu apprécier une soirée d’une grande poésie avec l’interprétation des planètes de Gustav Holst et de La mer de Claude Debussy.

 

Le concert a débuté avec l’interprétation de La Mer de Debussy. Dans cette succession de tempêtes et d'accalmies, Debussy évoque les effets du vent sur la houle à l'aide de diverses combinaisons d'instruments et de moyens comme le rythme ou les nuances de l’orchestre. L’Orchestre National de Montpellier nous plonge avec ravissement dans le spectacle de la nature, avec Michael Shonwandt qui montre la modernité de l'écriture debussyste et crée un monde fantastique. Nous avons pu admirer la limpidité et les qualités incontestables et rutilantes de cet orchestre. Le tumulte est parfaitement représenté, une densité sonore incroyable tout en finesse, sans tomber dans l’excès. C’est une interprétation contrastée, poétique mais animée que les musiciens nous ont proposés ce vendredi sous la baguette de Michael Shonwandt. Un moment de magie alliant clarté polyphonique, fascinant le public par sa violence et sa poésie. Le public acclame, à juste titre, les musiciens et le chef pour ce moment exceptionnel.

 

Puis l’Orchestre National de Montpellier commence le chef d’oeuvre de Gustav Holst, Les planètes. Le premier mouvement commence avec une mesure à cinq temps, sur un rythme ostinato des timbales, des harpes et des violons frappant les cordes. Le premier motif est introduit avec légèreté et de belles couleurs. Après le crescendo de tout l'orchestre, le deuxième thème est introduit avec brio. L'intensité de la pièce augmente au fur et à mesure, crescendo parfaitement maîtrisé par Michael Shonwandt. Après le retour du premier motif, la pièce s'achève sur un accord grave fortissississimo dans lequel l’orchestre laisse entrevoir toute sa puissance. Ce premier mouvement est très chaotique et inhumain, tel une marche guerrière céleste, les dissonances, la violence rythmique, renvoient très nettement à la guerre. Les musiciens ont fait preuve d’une très grande théâtralité, illustrant à merveille ce premier mouvement dédié au Dieu de la Guerre.

 

Le deuxième mouvement, Vénus, contraste énormément avec la rage du premier. Les notes du cor annoncent dès le début une pièce de lumière et de paix.  Le violon solo joue l’air d’une grande douceur avec une délicatesse très appréciable. Tous les violons répètent alors la mélodie, comme un écho, la cohésion du pupitre et de leur intention est palpable.

 

Le troisième mouvement, Mercure joue le rôle de scherzo très dynamique. Les musiciens font preuve d’une grande virtuosité et d’une grande précision dans l’exécution.

 

Jupiter commence rapidement, avec des cordes rapides d'où émerge une première mélodie syncopée. Rythmiquement parfaitement en place cette première mélodie nous emporte. Après une augmentation de la tension, le calme revient avec le plus célèbre air de Holst, « L'Hymne de Jupiter ».

Saturne débute très sombrement, les flûtes et les harpes marquant le rythme de la marche du temps. La contrebasse annonce tout d'abord la vieillesse, reprise par les autres pupitres dans une intensité croissante jusqu'à ce que la jeunesse disparaisse dans un éclat de panique. Le mouvement se termine tranquillement, comme une acceptation de ce qui est inéluctable.

 

Uranus commence avec une incantation de quatre notes qui annonce le magicien. La danse qui suit s’intensifie jusqu’au thème du début énoncé avec une grande douceur à la harpe, merveilleusement réalisé, pour se terminer par une véritable explosion dans laquelle l’orchestre et le chef s’illustrent à nouveau par leur puissance théâtrale.

 

Neptune, septième et dernier mouvement est une pièce très impressionniste. Les instruments semblent errer, sans repères, sans thème comme dans le vide. L’Orchestre National de Montpellier et Michael Shonwandt réalise ce dernier mouvement avec brio, le son semble lointain, céleste pour, finalement, se perdre dans l’infini…

 

Une soirée magique, hommage à la nature et à ses élans qui a ravi le public de Montpellier et les auditeurs de radio classique.

Retrouvez le prochain concert diffusé en direct sur Radio Classique en partenariat avec la Caisse d’Epargne le vendredi 13 novembre à 20h pour une soirée d’exception.

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