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Une journée à Bourges, Lola Marsh, l’Impératrice, Feu ! Chatterton...

Une journée à Bourges, Lola Marsh, l’Impératrice, Feu ! Chatterton...

Le Printemps de Bourges ne semble pas connaitre de crise de la quarantaine. La preuve en est : pour cette édition anniversaire, le festival berruyers a battu son record d’affluences avec près de 75 000 festivaliers ! Il faut dire que la programmation était alléchante ! Retour sur nos déambulations musicales du jeudi 14 avril.

 

Première étape à l’Auditorium pour assister au concert du groupe israélien très attendu : Lola Marsh. Sur scène la formation originale en duo s’est muée en un formidable quintette. 5 musiciens pour donner plus de force aux hymnes pop-folk aux accents rock indie, portés par la voix cristalline de Yaël Shoshana Cohen, sculpturale dans sa longue robe blanche, les cheveux tressés de fleurs. Les morceaux sont tissés en douceur, avec une véritable intensité lorsqu’ils s’élèvent en volutes de fumée turquoise vers des cimes aériennes. L’influence de Lana del Rey est évidente mais n’enlève rien à l’originalité du groupe qui sait emmener la foule avec des titres pop fédérateurs comme « You’re Mine ». 

 

 

Autre quintette -français cette fois-ci- autres latitudes sonores avec l’Impératrice. La formation originaire de Paris, joue une disco-moderne sauvagement groovy aux accents tropicaux par l’imaginaire qu’elle développe. Sur la scène du 22, les 4 musiciens sont campés derrière leurs synthés vintage et encerclent la chanteuse qui porte l’ensemble de sa voix jazzy. La scène est décorée de guirlandes lumineuses et néons fluo qui confèrent à l’espace des allures de discothèques. On pense à la démarche d’Arcade Fire lors de sa dernière tournée, et sa volonté de recréer un club rétro sur les planches, mais la comparaison s’arrête là. Leur musique, secouée par des lignes de basses redoutables, rythmée par une batterie qui fleure bon les beat des clubs des années 70s, électrisée par des synthétiseurs et une guitare qui oscillent entre disco et électro, confèrent à l’ensemble le parfum (thérémine ?) d’une douce explosion, plus florale que chimique, dont le souffle chaud guide nos sens vers quelques contrées exotiques, attisant sans cesse notre sensualité. « Agitations tropicales » chante l’Impératrice et, force est de constater, qu’une étrange torpeur gagne le public qui improvise des pyramides humaines, filles sur les épaules des garçons, le tout dans une euphorie contagieuse. Un a un, le groupe égrène les titres de son dernier EP, la fascinante « Odyssée » qui nous emporte vers de charmants climats.

 

 

Direction ensuite vers l’un des clous de la soirée, les extravagants Feu ! Chatterton. L’excellent quintette (encore un !) parisien situe également sa musique dans une forme de fantasme tropical mais qui serait plus bancal que celui de l’Impératrice, qui aurait des accointances avec une forme de folie douce, une agitation du bocal chronique qui laisserait filtrer, entre les fêlures, une lumière éclatante. La prestation scénique est impressionnante, elle tient pour beaucoup aux divagations logorrhéiques d’Arthur, le chanteur, dont la prose rappelle sans peine les poèmes baroques d’un Gainsbourg ou d’un Bashung.  Ici l’exotisme s’immisce subrepticement dans les recoins de nos nerfs pour bientôt gagner totalement nos cerveaux et nous faire craindre de finir fous à lier. Les crocodiles accostent auprès de palmiers sauvages d’une jungle mentale passablement encombrées. Le spectacle est total, la performance de haut vol, on applaudit des deux mains et on en redemande. Certainement l’un des meilleurs concerts du festival.

 

 

 

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