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Une belle approche du Freischütz à l’Opéra de Limoges

Une belle approche du Freischütz à l’Opéra de Limoges

Der Freischütz, opéra romantique en trois actes de Carl Maria von Weber est une œuvre très peu programmée en France car très exigeante. Le public de l’Opéra de Limoges et les auditeurs de Radio Classique ont eu le plaisir de découvrir une version originale forte d’une identité certaine.

 

Ce fut une soirée pleine de frissons, comme l’avait prédit la présentatrice Laure Mezan. Ce conte fantastique d’une réelle beauté mêlant magie noire, nature, chevalerie, pacte avec le diable nous a transporté au gré du terrifiant tutti, des personnages charismatiques, du chœur des chasseurs … Ce fameux thème célèbre s’inscrit dans une véritable tradition populaire allemande.

 

Un rideau de fer se lève sur un décor épuré et sombre pour l’ouverture de cette toute nouvelle production.

 

Le rôle de l’ombre, muet, traversant la scène comme un observateur, un texte projeté, des javelots représentant les balles magiques… Une mise en scène surprenante et très efficace née de l’imagination et de l’univers de David Gauchard pour sa première expérience opératique.

 

Anna Patalong, excelle dans le rôle d’Ännchen, sublimant chaque air grâce à son timbre plein.

L’Agathe d’Ileana Montalbetti interprète à merveille le sublime air cavatine de l’acte III avec des aigus cristallins, très colorés et une grande sensibilité.

Andriy Maslakov brille dans les rôles de Kaspar, Samiel et l’Ermite avec son incroyable voix de basse et ses grandes qualités d’acteurs.

Fort d’un tempérament dynamique et d’une belle force de projection l’Ottokar d’Andreas Schneider se distingue par sa dimension théâtrale.

 

Robert Tuohy, chef américain récemment nommé directeur musical de l’Orchestre de Limoges a réalisé un excellent travail avec son orchestre, il livre une interprétation dynamique et pleine de caractère.

Comme celui-ci le confiait à Laure Mezan durant l’entracte, il a longtemps rêvé de diriger cette œuvre, véritable carrefour entre l’héritage de Beethoven et la musique de l’avenir et elle représente pour lui un moyen idéal de créer le lien avec son orchestre, de construire un son ensemble.

 

Cette représentation fut à la hauteur de l’exigence de l’œuvre, un moment hors du temps durant lequel nous avons pu plonger dans l’univers des contes de notre enfance…

 

Retrouvez le prochain concert diffusé en direct sur Radio Classique en partenariat avec la Caisse d’Epargne le vendredi 13 mars à 20h30 pour une soirée d’exception.

 

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