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Matt Corby – Résurrection et illumination soul au Trabendo

Matt Corby – Résurrection et illumination soul au Trabendo

Nous étions au concert de Matt Corby au Trabendo, l’une de nos Scènes en Régions parisiennes lundi 28 mars, retour sur une soirée étincelante.

 

Claquement de doigts et une basse qui ne lâchera sa douce étreinte qu’à la fin du concert, joue les premières notes. Derrière sa crinière de surfer, Matt Corby ouvre le bal avec « Belly Side Up » et un voile sensuel caresse les oreilles du Trabendo complet.

 

Ses cinq musiciens (un batteur, un bassiste, un guitariste, et deux claviéristes) forment un demi-cercle autour de lui. Ils écoutent, attentifs, les prouesses vocales du messie au centre, en apôtres transcendés par leur propre musique. La mystique gagne en intensité grâce aux jeux de lumières projetés derrière l’australien dont les variations de timbre et le calme absolu sont éblouissants.

 

En ce lundi de Pâques, il est même difficile de ne pas filer la métaphore tant l’assemblée écoute religieusement l’artiste venu présenter son dernier album, « Telluric ». Métaphore qui prend tout son sens lorsque Matt reste seul en scène afin de propulser haut le titre « Monday », climax d’un gospel solitaire. Le Trabendo est devenu une Chapelle où la soul est vénérée.

 

 

Avec « Sooth Lady Wine » il nous vient même à l’esprit ce que serait la sensation de câliner les nuages, avec les vagues de réverbération de guitare sous les pieds. Et même lorsque survient « Knife Edge », morceau aux accents plus rock flirtant avec le funk, les musiciens gardent une classe de jazzmen, un savant mélange entre retenue et maitrise extrême.

 

 

En découvrant les nouveaux morceaux de son dernier album, qui restent dans l’ensemble fidèles à sa vocation soul, avec toujours cette voix irrésistible qui dépasse les envolées de Jeff Buckley, on note qu’un soupçon de psychédélisme est venu toucher Matt Corby. Il faudrait alors invoquer ses compatriotes de Tame Impala, dont le vinyle Long Play, 33 tour, serait joué en 45, l’effet de ralenti qui va avec.

 

« Telluric », du latin « tellus », signifie la terre, la roche, en opposition aux qualificatifs gazeux pour les planètes. Etrange nomination pour une musique en apesanteur, comme l’atteste le rappel avec « Empire » suivi par un pont menant à la reprise de « A change is gonna come » de Sam Cooke, père de la soul. Rappel que l’on rebaptisera « épiphanie » en fin de concert, qui s’achève avec la grâce d’une flute traversière, transformant définitivement le beau gosse divin en angelot magnifique.

 

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