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Live report : festival Nordik Impakt

Live report : festival Nordik Impakt

La saison des festivals de l’été a pris fin, celle de l’hiver encore est loin de commencer, et pourtant Nördik Impact tiens pour la 18ème année consécutive la promesse de faire de Caen « La » destination de l’automne pour tous les amateurs de musiques qui osent la modernité. Cette année encore le festival organisé par l’association « Arts Attack ! » fait figure de phare qui brille dans le froid des nuits qui s’allongent. Et il est difficile de résister à l’appel de sa lumière. La Caisse d’Epargne Normandie était partenaire de l’événement.

 

Ce n’est malheureusement que le samedi que nous avons pu céder aux sirènes du Nordik. Et même si le programme de cette dernière soirée aurait fait à lui seul figure de tête d’affiche d’un gros festival techno, l’ambiance et l’énergie que l’on a découverte sur les trois scènes de ce parc d’exposition, nous ont fait regretter ne pas avoir cédé plus tôt à l’appel du nord. Même regrets quand on nous y a raconté les concerts et performances des jours précédents…

 

Crédit photo : Grégory Forestier

 

Cette année encore, la programmation est placée sous l’étoile de la modernité et de l’audace. L’équipe de programmation a su réunir tout le caléidoscope des musiques électroniques : des gris bétonnés de la techno allemande des Ben Klock, Marek Hemman, aux couleurs chaleureuses des guitares de Las Aves (qui jouait jeudi à la maison de l’étudiant), en passant par les sombres pourpres des synthés de Suuns, par la pop solaire d’un Petit Biscuit, le jaune malade du flat Eric de Mr Oizo ou les noirs profonds de l’hardcore d’Angerfist. Autant de traits colorés qui sont passés dans les journées et les nuits caenaises. Autant de mouvements singuliers et vivants que l’on a pu croiser à tous les carrefours de la ville, à l’image des affiches de cette édition.

 

Live report : festival Nordik Impakt

 

Car si le Nördik Impakt rayonne jusqu’à l’étranger, c’est avant tout un festival qui investit et valorise le local. Nombre d’artistes programmés proviennent du terreau fertile de la scène normande : Souleance, Nikolson… On les retrouve notamment au tremplin « Nördik Discovery ». En parallèle, le festival est pensé pour que les festivaliers puissent (re)découvrir Caen : des concerts surprises dans des lieux tenus secrets (on a eu le plaisir de découvrir French 79 aux Galeries Lafayette…) jusqu’aux appartements du centre-ville le jeudi, le cœur de Caen a battu au rythme du festival. La mine des festivaliers fatigués mais contents que l’on a croisés le dimanche nous le confirme.

 

Live report : festival Nordik Impakt

Crédit photo Josselin Didou djosselin.wix.com/photo

 

Le regret de n’avoir pu nous libérer plus tôt ne nous a pas empêché d’apprécier pleinement ce qui était pour beaucoup le dernier jour d’une longue semaine. Au menu, une line up résolument techno, comme si le meilleur de la scène berlinoise avait migré à Caen avant de revenir au bercail pour l’hiver. Sur la scène « Hall of fame » les noms mythiques s’enchainent. Et si l’on a raté Petit Biscuit (Samba de la Muerte oblige), impossible de se décrocher du devant de cette scène qui électrise. Marek Hemman, suivi de la techno précise et mélodique du géant Dixon a donné un élan incroyable sur lequel s’est lancé, avec une aisance subtile, le roi de la techno minimale allemande Boris Brejcha. Son univers musical allie à des rythmiques précises et cadencées, de grandes vagues harmoniques, dont le flux et le reflux ont fait chalouper la véritable marée humaine amassée dans ce hall immense. Tout cela porté par une scénographie aussi efficace que graphique et surtout un système son à la précision inconcevable pour une salle aussi grande qu’une cathédrale. Autant dire que Ben Klock, en grand habitué de ces espaces, étant LE résident du Berghain à Berlin (cathédrale de béton s’il en est), a su mener sa barque d’une main de maitre jusqu’à l’aube pourtant tardive.

 

Live report : festival Nordik Impakt

Boris Brejcha – Crédit photo : Gregory Forestier

 

La Hall of Fame méritait à elle seule toute notre attention certes, mais les deux noms féminins qui clôturaient la scène plus intimiste du Wonder-Hall étaient à classer, eux aussi, au rang des immanquables. Alternant de sas en sas, on a pu apprécier le temps de quelques transitions, l’énergie libertaire et techno de l’artiste multi facette Ellen Allien. Et après un passage de témoin impeccable, c’est au tour de la techno plus industrieuse de l’artiste américaine Louisahhh d’envouter un public déjà en transe.

 

Live report : festival Nordik Impakt

Ellen Allien - Crédit photo Josselin Didou djosselin.wix.com/photo

 

Ce n’est donc pas par manque d’intérêt mais par manque de temps que nous avons moins profité du « Hall of Death » d’où il se dégageait pourtant une énergie hors du commun. C’est là que l’on a pu croiser, au milieu de la foule électrisée par la voix MC Tonn Piper posée sur la drum and bass d’Andy C, le plus de déguisements de licornes et de sourires.

 

Il faudrait des pages pour décrire le site, parfaitement organisé et spacieux, les stands et la nourriture qui change des barquettes de frites traditionnelles, et tout ce qui fait de l’expérience Nördik Impakt un immanquable. Le bilan se résume donc en quelques mots : vivement l’automne prochain.

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