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[ITW] TEE et Hypnolove : la rencontre

Samedi 9 juin, la rédaction d’Esprit Musique s’est rendue à la soirée « Record Makers Time », à la suite du festival Parizone@Dream à la Gaïté Lyrique, sponsorisé entre autres par EspritBD, le programme de sponsoring autour de la bande dessinée estampillé Caisse d’Epargne. Nous avons pu assister le soir même aux concerts de Turzi Electronique Experience (TEE) et Hypnolove, deux des groupes signés sur le label Record Makers, qui ont accepté de répondre à quelques questions avant de monter sur scène !

A quelques minutes de leur entrée sur scène, j’ai donc pu m’entretenir avec Romain Turzi, seul personnage du groupe Turzi Electronique Experience, accompagné sur scène ce soir-là par un VJ, Eric.

Originaire de Versailles, c’est après de longues années à travailler en autodidacte que Romain Turzi rencontre Record Makers – dont les mastodontes sont eux aussi originaires de Versailles. A l’occasion de l’une de leurs rencontres, où il est invité à découvrir en avant-première un album de Sébastien Tellier, Romain en profite pour laisser sa maquette et est recontacté six mois plus tard par le label.

Sans fausse modestie, Turzi avoue que sa musique a plu au label, sans quoi il n’aurait jamais été signé. Pas de copinage qui tienne : les maisons de disques, il les connaissait bien avant de croiser le chemin de Record Makers. D’ailleurs, lorsqu’on lui parle des artistes aujourd’hui, il considère que la musique n’est plus la même qu’il y a de nombreuses années.

« La musique est tellement subventionnée en France que ça tue la créativité. » dit-il, en précisant être détenteur du statut d’intermittent depuis cette année. Trop bercés, trop soutenus, trop assistés, les artistes français manquent d’autonomie selon lui, quand les Américains, eux, remuent ciel et terre pour donner ne serait-ce que leur premier concert.

Parmi ses influences, on compte Sonic Youth, le groupe qui lui a donné envie de faire de la musique plus jeune, d’attraper une guitare et de jouer dans son garage avec ses potes, ou encore Allan Vega du groupe Suicide, au charisme inénarrable.

Entièrement auto-didacte, on lui prête souvent des sonorités à la DopplerEffekt ou Kraftwerk, ce à quoi il répond : « Je suis davantage influencé par la démarche de certains musiciens que par leur musique [à proprement parler]. Je n’écoute plus de musique, résultat : j’en fais beaucoup plus. Je suis donc moins influencé. »

Une chose est sure : nous avons trouvé également que la musique de TEE ne ressemblait à aucune autre, et le set effectué lors de la soirée Record Makers n’a fait que confirmer cet état de faits.

Je m’échappe de ce set pour me glisser en coulisses rejoindre les trois membres du groupe Hypnolove, Henning, Nicolas et Thierry, tous trois originaires de Toulouse. Henning, d’origine allemande, vit lui entre Berlin et Toulouse, mais c’est dans la ville rose que ces trois musiciens se sont rencontrés et ont formé leur groupe, en 1998.

Giorgio Moroder, DMX Crew, Daft Punk, les Beach Boys comptent parmi les influences de ce groupe aussi divers que varié, des inspirations nombreuses que l’on retrouve dans leur musique mais également dans leurs vidéos : le clip Holiday Reverie, par exemple, naît dans l'esprit du vidéaste Marco Dos Santos, qui crée de toutes pièces cette « Hypnolove Island », lieu fantasmagorique où les jeunes gens se défoulent sur la plage, en petite tenue, sur une musique lascive qu’est ce morceau du groupe. Vidéo qui rappelle les grandes heures de l’émission « The Grind » sur MTV, où on invitait, de la même manière, nombre de jeunes gens à venir se trémousser sur la plage sur des rythmes endiablés.

La rencontre avec le label s’est faite à l'occasion d'une tournée de Sinclair Godon (qui a également signé TEE chez Record Makers) dans la région, à la recherche de nouveaux talents. Depuis, Hypnolove se cherche tranquillement, peaufine son univers et ses morceaux, tandis que les hautes sphères de Record Makers, en bons « amoureux de la musique », continuent de soutenir sans relâche leurs artistes, dont aucun ne ressemble à l’autre. Sur leur prochain album, la rencontre avec Mickey Moonlight a été décisive ; ils ont évidemment hâte de pouvoir le présenter au public, dans le courant de l’année.

Et s’il y avait un conseil à donner aux artistes qui cherchent à se lancer dans l’univers de la musique, Hypnolove pense automatiquement "plaisir", sans surprise.

« Faites la musique que vous voulez écouter. Ne vous formatez pas à ce que l’industrie veut que vous soyez, faites ce qui vous fait plaisir, avant tout. Avec un minimum d’investissement, il suffit de produire la musique qu’on aime, la partager sur Internet et se créer son propre univers, sans contrainte aucune. » On achète totalement le concept.

Pour information, le nom Hypnolove est tiré d’une publicité présente dans un magazine pour adultes, qui vantait un parfum aux vertus aphrodisiaques… Un titre qui leur colle à la peau.

Steffi pour l’équipe Esprit Musique.

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