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Dirty Deep dans Les Nuits de l’Alligator

Dirty Deep dans Les Nuits de l’Alligator

« Vous êtes venus tôt pour voir un vrai groupe de rock ? On s’appelle Dirty Deep, on vient de Strasbourg et on va mettre le feu ! » lâche Geoffroy derrière sa batterie. Une présentation on ne peut plus ambitieuse, et qui a tenu ses promesses ce vendredi 26 février à La Maroquinerie à Paris.

 

Premiers à passer devant les Daddy Long Legs, et Jim Jones qui revient avec une nouvelle formation The Righteous Mind, les trois cadets de la soirée ont placé la barre du garage blues haut.

 

Dirty Deep frappe fort dès les premiers accords et tout au long du set la salle se gonfle d’amateurs de rockabilly, country et bon vieux rock à l’américaine. L’harmonica vissé aux lèvres quand sa gorge n’entre pas en ébullition lorsqu’il chante, Victor a les doigts qui papillonnent sans cesse sur ses guitares, entre slides, riffs et accords brutaux. Lorsqu’une corde lâche, il confirme son expérience de la scène en artisan du rock, continuant de jouer tout en démêlant la traitresse pour qu’elle n’obstrue pas le reste du manche. Le solo qui s’en suit n’est pas altéré pour un sous, les nombreux blousons de cuirs de la salle commencent à s’échauffer. On se sent comme à l’arrière d’une grange, dans un climat fraternel, unis par les liens du rock’n roll dans l’intimité parfaite de La Maroquinerie.

 

 

On vogue d’histoire d’auto-stop éthylique, à celles qui parlent inévitablement de femmes et de bières, pris dans les rouages de la mécanique sonore parfaitement huilée du trio.

 

La nostalgie blues dans l’harmonica, c’est avant tout une énergie garage que balancent généreusement les alsaciens. Valeur ajoutée au duo depuis l’an dernier, Adam, le bassiste est affublé d’un t-shirt AC/DC à l’image des décibels qu’ils envoient. Le rouge de celui de Victor se confond avec le teint pivoine de sa tête qui hurle. Si la puissance est là, elle ne sombre jamais dans la facilité ni les clichés, l’efficacité leur est propre et ne rime avec aucun pastiche. Tous trois sont de fins musiciens, le solo de batterie de Geoffroy au milieu du set achève de conquérir un public qui pioche de plus en plus de la tête, avec le plaisir de retrouver les racines blues du rock. 

 

 

Et si les aléas du planning de la soirée nous a privé d’un dernier morceau -qu’ils ont juré venir jouer de nouveau prochainement à La Maroquinerie-, on se consolera le 29 avril avec la sortie d’un nouvel album.

 

« C’est ça pour moi le vrai rock » entend-t-on autour du bar pendant le changement de plateau. Promesse une fois de plus tenue pour ces lauréats du Concours Jeunes Talents 2015-2016.

 

Retrouvez-les sur la compilation Esprit Musique #05 à paraitre prochainement.

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