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De Piano Chat à Piano Ombre

« Piano Chat, c’est spécial. Si vous n’avez pas encore écouté, ça sera une bonne surprise. » Nathalie Crisantemo, programmatrice de la Cave à Musique nous parle ainsi de la première partie de Frànçois and The Atlas Mountains ce soir.

 

C’est en toute décontraction que le Tourangeau arrive sur scène, créant tout de suite un rapport d’intimité. Il discute, raconte sa tournée, installe tranquillement ses instruments. Une nonchalance apparente qui contraste étonnamment avec l’intensité de sa musique, faite de bricolages électroniques, d’échos louches, de voix utilisées comme un instrument.

 

 

Piano Chat est un univers de contradictions qui s’accordent et se succèdent, comme ses chansons qui font le grand écart entre l’instrumental épique et le rockabilly étrange. Entre deux, il plaisante avec désinvolture : « Pour celle-ci, vous avez le droit de regarder les gens autour de vous, mais aussi de regarder à l’intérieur de vous. Ce qui est assez difficile, c’est vrai », tout en embrayant sur des séquences pré-enregistrées et hypnotisantes.

 

 

Ses morceaux s’étirent parfois sur vingt minutes, montant en pression jusqu’à l’explosion. Puis, il laisse la batterie de côté et se lance dans une balade avec des paroles en français. C’est le moment le plus intime, où la sincérité passe au-dessus des vannes pour nous distraire. Plus tard, le staff de la salle nous le confirmera : « En dehors de la scène, il est complètement normal, c’est un moyen d’occuper l’espace comme il est seul sur scène ».

 

L’autre paradoxe de ce soir se trouve dans l’affiche. Contrairement à Piano Chat, Frànçois and The atlas Mountains n’a pas joué dans des appartements, mais accumulé les grandes scènes, les radios, les festivals pour défendre Piano Ombre, leur dernier album acclamé par la critique. La Cave à Musique est ainsi leur ultime concert de 2014, le 102e au compteur cette année.

 

 

Et cela se ressent dans leur maîtrise de la scène, une claque pour les yeux et les oreilles. Les jeux de lumières se font organiques, mimant les rayons du soleil, soutenant leur pop exotique. Ou au contraire, plus saccadés, sous le rythme puissant de la batterie et de percussions de pays étrangers. Au milieu de la scène, Frànçois bondit dans tous les sens et donne dans la danse mystique avec des paroles qui le sont tout autant, comme celles de Bois.

 

 

En live, ces chansons prennent une dimension plus tribale, instinctive, s’étirant parfois sur des longs breaks hallucinés. Parfois ils s’arrêtent et proposent « un morceau d’amour lent pour le weekend », ou parfois utilisent toute la puissance sonique, les larsens et l’électronique de manière cardiaque, presque techno. C’est ainsi que nous quittons la Cave, encore sonnés et certains que le voyage fait ce soir va bien au-delà du simple trajet en train.

  

Par Eric Rakotonirina.

Suivre Piano Chat : www.pianochat.fr/

Suivre Frànçois and the Atlas Mountains : www.francoisandtheatlasmountains.com/

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