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Badass, adjectif : Qualificatif d’origine anglo-saxonne désignant familièrement un individu qui impose le respect et  force l’admiration de part son style hors du commun et sa personnalité bien affirmée. Une personne dite « badass » possède un charisme remarquable et de nombreux talents qui lui permettent de subjuguer les foules. Synonyme : « Soko »

Concert de Soko à la Maroquinerie

Badass, adjectif : Qualificatif d’origine anglo-saxonne désignant familièrement un individu qui impose le respect et  force l’admiration de part son style hors du commun et sa personnalité bien affirmée. Une personne dite « badass » possède un charisme remarquable et de nombreux talents qui lui permettent de subjuguer les foules. Synonyme : « Soko »

 

Encore sous le charme des compositions douces amères teintées de folk de son précédent album « I Thought I Was an Alien », c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on s’est rendu à la Maroquinerie voir Soko en concert mercredi 18 mars 2015.

En arrivant à la Maroquinerie, la file d’attente est impressionnante, assez mixte et hautement décalée : cheveux de toutes les couleurs, piercings, ....  on appercoit Soko sur la terrasse entourée d’un petit cercle de fans avec lesquels elle discute avec animation. Son rire résonne dans la cour, elle semble en grande forme et accueille ses proches avec emphase. A la fin du concert, la chanteuse passera d’ailleurs de longs moments à papoter avec ses admirateurs...

 

 

Pour patienter avant le concert, on discute un peu avec Thomas Duperron, le chargé de communication de la Maroquinerie. La dernière fois c’était en octobre

 

Esprit Musique : Alors Thomas, que s’est-il passé depuis notre dernière visite à la Maroquinerie ?

Thomas : Et bien entre temps, on a eu de belles surprises comme Detroit, donc voilà un peu le concert évènement, c’était vraiment classe, un beau concert...Et sinon, il y a eu les Nuits de l’Alligator, donc le festival que l’on organise tous les ans, c’était la dixième édition, le festival s’est super bien passé... Et là ce soir on a Soko, donc gros concert, une grosse ambiance, on attend ça avec impatience, à Paris c’est sa seule date.

Esprit Musique : Il y a des évènements récurrents à la Maroquinerie ?

Thomas : A part les Nuits de l’Alligator, on fait les soirées Gonzai, c’est souvent rock, il y a toujours beaucoup d’ambiance et c’est quasiment toujours complet. Et sinon, après c’est la programmation, on fait des clubs deux fois par mois, ça marche plutôt bien.

Esprit Musique : C’est quoi les prochains concerts ?

Thomas : Qu’est-ce qu’il va y avoir...alors ça c’est une bonne question, il y a tellement de concerts à la Maroquinerie...il y a Sinkane qui fait de l’électro-soul, San Fermin, sorte de pop Orchestrale sympa, il y a Toro y Moy, electro un peu planante, il y a Husbands aussi...On  a eu une petite révélation aussi, qui était la révolution des Transmusicales, c’est Kate Tempest, qui fait du hip-hop, ça promet.. On a Skip & Die, une espèce de pop ethnique très festive, ça va être chouette...

Esprit Musique : Et la venue de Soko ce soir, ça vous fait quoi ?

Thomas : Ah ben c’est un évènement, il a beaucoup de demandes de presse...et ça apporte pas mal d’image à la Maroquinerie parce que du coup, tout le monde en parle, beaucoup sur twitter, sur les réseaux sociaux, c’est un public assez connecté, un peu fashion, c’est un public qui parle donc c’est le genre de concert très intéressant.  Et là il y a le Before du Grand Journal qui a capté, donc c’est super intéressant.

 

 

Soko. On se souvient avoir découvert il y a quelques années cette jeune chanteuse-actrice, dont le visage angélique encadré de boucles brunes ne tempérait en rien son exubérance et sa fougue, au cinéma, pour le film « Bye-Bye Blondie » de Virginie Despentes. Une comédie punk où elle jouait une adolescente torturée accro à la musique, parfaite dans ce rôle de gamine incontrolable et touchante. Et puis son album « I Thought I Was an Alien », sur lequel elle confie mélancoliquement ses angoisses et  ses espoirs, ses démons et ses amours.

Son nouveau (et génial !) disque « My Dreams Dictate My Reality » propose un sacré décalage avec le précédent. Les morceaux sont plus énergiques, et on sent l’influence du producteur, Ross Robinson, qui a travaillé avec The Cure, dans la production de cet opus aux accents post-punk. Soko aussi a changé. Fini les longs cheveux et le look romantique qui lui donnait un petit côté vulnérable et gothique.  Soko a coupé ses cheveux, qu’elle a décoloré en blond platine, saute partout sur scène, et dégage une énergie assez transcendante.  Elle chante avec la rage, la justesse et un style digne des plus grandes prêtresses punk rock.  Il y a d’ailleurs un peu de Siouxsie Sioux dans la nouvelle Soko.

 

 

Le concert fait bien évidemment la part belle à ce nouveau opus et on savoure enfin en live ces titres qui nous ont fait planer ces dernières semaines : tantôt doux et oniriques (Come in peace), nonchalants (Bad Poetry),  nerveux et désabusés (Peter Pan Syndrome), sombres (Visions) ou d’une acidulité pop raffraichissante (Love Trap). Sans oublier le magnifique « Dreams Dictate My Reality », et le bouillonnant et désormais classique « Who Wears The Pants? » Bienvenus aussi,  deux morceaux incontournables de son précédent album « Alien » et « First Love »

Et contrairement à avant, où la chanteuse était seule avec sa guitare sur scène, elle choisit désormais de s’entourer d’un groupe, constitué ici en l’occurrence de son frère et de deux grandes filles aux allures de naïades tout droits venus du soleil de Los Angeles « Voilà, c’est Christine, elle est suédoise, pour la draguer il faut lui parler anglais ! » 

 

Adulée par un public plus qu’enthousiaste, la chanteuse le lui rend bien. Submergée par l’émotion, elle remercie chaudement les spectateurs, les fait chanter et invite même une fille à venir danser avec elle sur scène pendant le morceau « Alien » Complétement déchaînée, Soko enchaîne les mouvements de danse et les pitreries entre deux rots, nous ravit d’une très mignonne imitation de Gollum avant le morceau « My Precious » et harangue ses parents « Mes parents sont dans la salle ! »

Cependant  il ne faut pas trop la chercher non plus...comme l’a appris à ses dépens une personne un peu bavarde devant la scène, sommée « d’arrêter de discuter pendant que j’essaye de faire de la musique » 

 

 

Mais de façon générale, la chanteuse surprend par son absolue générosité envers son public et son entière dévotion à la musique. Elle semble littéralement habitée par ses morceaux, au point de se passer de nourriture terrestre « Ohh, j’ai failli m’évanouir, je n’ai pas mangé avant le concert » Non seulement l’album est remarquable de maturité, et contient nombre de hits en puissance, mais en plus Soko assure un véritable show en choyant son public. Ce dernier a eu par exemple la surprise de voir Christophe rejoindre Soko sur scène (oui oui, celui qui chante Aline !) et de l’entendre fredonner Peter Pan Syndrome...

Bref, on s’attendait à un grand moment, on l’a eu. Fini les pensées dépressives, la fragilité et la noirceur qui semblaient l’habiter auparavant, car comme le prouve le morceau « Come in Peace », c’est une Soko apaisée et radieuse qui a fait rayonner la Maroquinerie hier soir.  Et en ce qui nous concerne, son album « My Dreams Dictate My Reality » tournera en boucle encore longtemps dans nos oreilles.

Suivre Soko sur Twitter : https://twitter.com/sokothecat
Ecouter l’album « My Dreams Dictate My Reality » : http://www.deezer.com/album/9729856

Crédits photo : Sébastien Appiotti 

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