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Rencontre avec les What About Penguins

What About Penguins ? La question pouvait être légitime il y a cinq ans lorsqu’en février 2008, Ugo, claviériste et Alex, chanteur et guitariste, décident de monter un duo folk intimiste. C’était sans compter sur la participation de Pauline, à l’alto, sur leur premier EP, Raw State, ouvrant la voie à de nouvelles envies, de nouveaux projets, et surtout une toute nouvelle formation.

Passé de deux à cinq membres permanents, on laisse vite tomber les interrogations pour se laisser aller et glisser le long de la banquise des What About Penguins. Ugo et Alex sont rejoints rapidement par Pauline puis Lewis à la batterie, rencontré lors des auditions des Musiciens du Métro organisées par la RATP. Il s’avère d’ailleurs que les WAP font partie des quelques rares privilégiés autorisés à jouer dans les couloirs souterrains de la capitale parisienne.

Enfin, Léonard, bassiste dans le groupe, ingé son dans la vie, travaillait au Studio du Poisson Barbu (Paris 18e) au moment de l’enregistrement de leur second EP, Clouds.

NDLR : Par souci de clarté et pour rendre hommage au travail effectué sur Clouds, il faut d’ailleurs préciser que Léonard exerce toujours au sein de ce même studio, désigné à l’unanimité par le groupe comme « l’un des meilleurs de la capitale ».

Huit titres, dont TGO, Geeks et Limbo The Fool, particulièrement marquants au cours d’un set plutôt court face à une audience venue applaudir les Mains Sales, groupe à l’esthétique jazz et aux teintes résolument urbaines. Pour autant, écoute et concentration étaient au rendez-vous, à en juger le silence de plomb qui régnait durant les magistraux intermèdes musicaux distillés dans le répertoire des What About Penguins, sous haute tension durant le concert.

Clouds est d’ailleurs influencé par l’atmosphère qui se dégage des deux premiers albums de Coldplay, mais on leur aura également prêté des sonorités à la Sigur Ros et… aux Belges du groupe Venus, formation décimée en 2007, me soufflent Alex et Pauline.

NDLR 2 : Le site officiel du groupe est une page Noos, selon Wikipédia. Je reste perplexe.

Pour l’heure, ils se dirigent davantage vers un rock plus indé à la Phoenix, « plus ancré dans le sol » précise Alex, tout en continuant de valoriser les versants instrumentaux de leur musique, livrant ainsi un rock lyrique et onirique, caractéristique des WAP depuis quelques années.

Présents sur Facebook, Twitter, Noomiz, même dans les rues de Paris avec leurs autocollants, sur lesquels ils ont apposé un flashcode – idée lumineuse de Pauline – renvoyant directement sur leur site Internet, whataboutpenguins.com, les WAP sont absolument partout. Vainqueurs du tremplin Play It Indie organisés par la Dame de Canton il y a quelques mois, finalistes du concours Ricard Live SA Music 2012 et des Solidays, ils songent d’ailleurs à tenter leur chance à notre Concours Jeunes Talents de l’an prochain.

Peu ou prou sont les professionnels de la musique encore capables de découvrir par hasard des artistes inconnus, et force est de constater qu’ils ne font pas légion en région parisienne. C’est aussi et surtout à travers les concours organisés par de nombreuses structures comme Esprit Musique, créant de nouvelles opportunités pour les groupes, au terme desquelles ces derniers peuvent continuer à se produire.

Les WAP et le téléchargement illégal ? « Ça a son utilité. » Tancé par ses camarades pour sa réponse concise, Ugo continue en précisant que le téléchargement illégal est pratique pour des questions de promotion, évoquant le fait que sans réseaux de distribution autres que le leur, leurs disques ne se vendent pas. Comme pour beaucoup. Alex parlera ensuite de la nécessité pour les artistes de présenter des live de qualité…

NDLR 3 : S’ensuivra une conversation autour des deux principales plateformes de streaming musical dont je ne vous déclinerai pas les détails ici. Pour les plus curieux, je suis joignable à l’adresse contact@espritmusique.fr pour de plus amples renseignements avec les mots-clefs suivants : conscience collective et catalogue. Merci pour votre attention.

L’heure est désormais aux festivités : les What About Penguins seront de nouveau en concert le 23 février à la Dame de Canton, clôturant ainsi leur cycle Clouds, ayant défendu leur EP sur les routes durant plus d’un an. Ils rentreront de nouveau en studio – probablement au Poisson Barbu ? – pour leur troisième EP, qu’il nous tarde de découvrir.

D’ici là, je ne saurais que trop vous conseiller, si ça n’est pas déjà fait, de les découvrir en concert – en plus de vous procurer leurs fabuleux EP, cela va sans dire : gageons qu’il s’agit là d’une formation atypique, au potentiel impressionnant, dont on ne devrait plus pouvoir se passer dans quelques années.

Steffi pour la rédaction d’Esprit Musique.

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