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[ITW] Patrice, l'entretien

Patrice s'est prêté au jeu des questions-réponses avec Eric, notre journaliste !

 

Ta mère vient de Cologne, ton père de Sierra Leone, tu le prends comment si je te dis que tu fais de la "world music" ?

 

Patrice : Techniquement, le mot « world » n’est pas correct quand on parle de « world music », parce que souvent ça évoque des folklores africains, des endroits indigènes, qui n’ont pas vocation à être grand public. Ma musique n’est pas exactement comme ça. En fait, quand tu dis que je fais de la « world music », le terme est correct mais pas la catégorie.

 

J’ai beaucoup lu que tu aimais dire que te redéfinissais sans cesse, comment est le Patrice d’aujourd’hui ?

 

Oh… Je suis constamment en mouvement, j’essaye de trouver de nouvelles choses intéressantes pour le prochain album. Tu vois, tous les sept ans, l’ensemble de notre corps se renouvelle, la seule chose qui nous définit vraiment c’est l’âme, qui est aussi inconstante. Il s’agit juste de ressentir ce qu’il se passe autour de soi et d’agir à l’instinct.

 

Je t’ai vu jouer dans au Cabaret Vert cet été devant des milliers de personnes, et ce soir en comité réduit, tu préfères quelle formule ?

 

J’aime bien les deux, ça serait plutôt à toi de me dire ce que tu as préféré (rires). Les deux sont un challenge avec beaucoup d’aspects différents. Par exemple j’ai beaucoup aimé jouer au Cabaret Vert cet été, parce que c’était en remplacement de quelqu’un qui avait annulé. Les programmateurs ont très peu communiqué dessus, et j’ai été très agréablement surpris de voir autant de monde présent pour me voir jouer.

  

Un peu comme dans les sessions acoustiques surprises que tu as fait tout cet été ? Tu pourrais expliquer ça ?

 

En fait, j’ai juste eu l’idée de faire des sessions en acoustique à l’aube, à cause du titre de mon album « The Rising of The Son », c’était quelque chose que je n’avais jamais fait avant, jouer pour le lever du soleil avec des gens autour. Il y a eu beaucoup de sessions : à Paris, Marseille, Bordeaux, New York… Je n’attendais pas grand monde en faisant ça comme ça, en prévenant à la dernière minute, mais à Cologne je me suis retrouvé devant 5 000 personnes qui m’attendaient, c’était dingue. J’ai carrément dû amplifier la guitare pour pouvoir être entendu. Les gens étaient vraiment cools, ramenaient des croissants, des chocolats chauds, ceux qui avaient fait la fête la veille venaient se reposer, des journalistes télé étaient là aussi, c’était une expérience incroyable.

 

 

 

Comment s’est passée cette première date avec Esprit Musique ?

 

C’était un peu bizarre. D’habitude quand tu crées un momentum, les gens sont avec toi, c’est génial et l’intensité augmente en même temps ! Là on avait créé un moment, et d’un coup plus rien ! Je devais repartir de zéro (rires). Mais c’est un challenge, j’adore jouer pour des gens qui ne me connaissent pas, c’est à moi de trouver comment les capter, j’aime trouver une vraie connexion avec le public. C’est une combinaison très intéressante de partager l’affiche avec Soprano, parce qu’on se connaît déjà, c’est juste une forme différente d’expression, toujours avec des vibrations positives. C’est très agréable d’être en présence d’un artiste aussi talentueux que lui.

 

Propos recueillis par Eric Rakotonirina.

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