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Dans les coulisses du Cabaret Aléatoire

Dans les coulisses du Cabaret Aléatoire

Les Scènes en Régions, ce sont ces salles de musiques actuelles partenaires de la Caisse d'Epargne, situées aux quatre coins de la France métropolitaine, qui aident au développement et au renouvellement de la scène musicale française. Pierre-Alain Etchegaray, directeur et programmateur du Cabaret Aléatoire, nous dit tout sur sa salle de concert marseillaise. 

 

Pouvez-vous nous parler de votre rôle au sein de la salle et de votre parcours ?

Pierre-Alain Etchegaray : Je suis le directeur et programmateur du Cabaret Aléatoire et je tiens beaucoup à cette double fonction. J’ai commencé mon expérience professionnelle en 1997 à la Friche Belle de Mai, pôle culturel de la ville de Marseille, à la fin de mes études (une maitrise en sciences économiques et DESS de développement local à l’époque, aujourd’hui on dit plutôt Master 2), ma fonction était de travailler au développement du projet global du projet culturel de la Friche Belle de Mai.

 

Pouvez-vous nous présenter la salle ? Quelle est son histoire ?

J’ai fondé le Cabaret Aléatoire en 2002. C’était à l’époque un lieu vide, un ancien entrepôt de la manufacture de tabac de la Seita, situé à la Friche Belle de Mai à Marseille, une salle non prévue pour y développer des musiques actuelles.  Au départ un lieu, underground, impliqué majoritairement dans les musiques électroniques, qui a immédiatement rencontré un public.

10 ans plus tard, le Cabaret Aléatoire reste un lieu atypique totalement rénové et équipé, qui a su garder ses spécificités architecturales d’origine, une « cathédrale industrielle », qui rend possible l’accueil de tout type de projets artistiques, avec une capacité d’accueil de 1100 personnes. En 10 ans, le Cabaret Aléatoire, ce sont plus de 850 concerts organisés, plus de 3000 groupes et artistes programmés, plus de 400 000 personnes accueillies, plus de 150 artistes accompagnés, soutenus en terme de développement de carrière, plus de 250 projets d’action culturelle réalisés.

 

 

Tambour Battant, en concert au Cabaret Aléatoire le 13 mars

 

 Quels styles de musiques se rencontrent au Cabaret Aléatoire ? Quelle ligne artistique ?

Notre direction artistique est majoritairement fondée sur la découverte, attention la découverte a un triple sens à nos yeux. Elle implique à la fois, la programmation régulière d’artistes locaux et régionaux en première partie, la programmation des premières dates à Marseille d’artistes « newcomer », ou en pleine ascension, la programmation en exclusivité régionale de têtes d’affiches internationales.

 

En terme de styles musicaux, nous sommes reconnus sur les musiques électroniques, le hip hop (old school et new school), la soul, le Funk, le rock et la pop. A vrai dire, ce qui nous intéresse au premier plan, c’est l’endroit où ces esthétiques se croisent et où de nouveaux courants se créent.

 

 

En fait, les musiques classiques, le reggae, la chanson Française, la world music, nous n’y sommes pas fermés, nous restons ouverts à tous les projets, mais, nous ne sommes pas vraiment spécialistes. Ce que nous sommes avant tout, c’est un projet original de création et d’expérimentations, un projet précurseur sur les nouvelles pratiques et esthétiques populaires. Cela questionne la musique, mais plus largement le rôle que l’on souhaite jouer en tant qu’opérateur culturel.

 

Pour illustrer mon propos, je prendrais deux exemples récents de projets que nous avons créés en 2013, à l’occasion de Marseille Capitale de la Culture :

 

La manifestation « This is (not) Music » (Musique -Art- Sport), 2500 m2 carrés d’exposition, 250 pièces, 60 artistes,  20 concerts et soirées, 15 démos et contests de skate, bmx, moto, où nous avons accueillis 85 000 personnes, et qui restera comme un des 3 évènements majeurs de la capitale Culture, et surtout le principal pour les 15 – 35 ans.

 

Nous avons également créé et investi le premier « Roof top » de Marseille, le toit Terrasse de la Friche Belle de Mai. Un spot de 7 000 m2 qui surplombe le quartier de la Belle de Mai, avec une vue sur la rade de Marseille, pour y créer des soirées tous les vendredis et samedi de 19h à 23h. Cet espace n’était pas prévu à cet effet, personne ne pensait que cela soit faisable. Aujourd’hui ce sont 80 000 personnes chaque été qui contribuent à en faire le spot numéro un de Marseille, entre Juin et septembre.

 

Martin Mey, en concert le samedi 18 Avril au Cabaret Aléatoire

 

Quelles sont les missions d’une salle comme la votre ?

Nous avons toujours travaillé à organiser et produire des évènements musicaux à Marseille, à soutenir le développement de carrières d’artistes et à mettre en place des projets de sensibilisation et d’actions culturelles sur le territoire. Cela correspondait pleinement au cahier des charges d’une SMAC, donc aujourd’hui, nos missions sont celles du cahier des charges SMAC, tout en continuant à développer nos spécificités qui font de nous un projet un peu « décalé ».

 

Parlez-nous de vos publics.  Quelles actions sont-elles menées envers eux ?

Ils sont jeunes, plutôt entre 18 et 35 ans, ils sont très connaisseurs de musique,  mais l’objectif est en permanence d’aller chercher de nouveaux publics. Nous faisons le maximum avec notre public pour communiquer en temps réel avec eux, nos 30 000 adhérents abonnés à notre newsletter, ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux, nous souhaitons créer une véritable relation privilégiée avec eux, à ce titre une « friendly card » est à l’étude. La communication c’est une chose, mais la sensibilisation doit également jouer un rôle prépondérant pour un large accès à la culture, nous travaillons évidemment avec les collèges, les lycées, les étudiants, les centres sociaux… Mais comme il n’est jamais trop tôt pour sensibiliser les plus jeunes, nous travaillons sur des dispositifs de médiation avec les 6-10 ans, dans le cadre de nos concerts goûters.

 

Que pouvez-vous nous dire sur la scène locale, les groupes émergents ? Comment sont-ils accompagnés par le Cabaret Aléatoire ?

Nous accompagnons la scène locale de différentes manières :

Dans le cade de résidences de travail qui permettent aux groupes et artistes du territoire de travailler aussi bien le son, que la lumière ou l’aspect scénique de leurs live. Pour les artistes avec lesquels nous souhaitons nous engager plus durablement, nous le faisons avec notre label Division Aléatoire. Evidemment, nous soutenons également la scène locale, en leur proposant de belles premières parties, dans le cadre des concerts que nous organisons.

 

 Que vous apporte un partenaire comme Esprit Musique ?

C’est important qu’une grande société, en l’occurrence une banque, décide d’associer son image avec des opérateurs culturels, et que celle-ci se positionne vis-à-vis d’opérateurs structurants, qui assure une permanence sur un territoire.

Sur This is (not) Music, nous avions 32 sponsors, sur le Cabaret Aléatoire c’est plus compliqué. Notre activité est quelque part diluée toute l’année, et les partenaires privés préfèrent en général investir et gérer leurs activations et mises en avant sur des périodes courtes et le plus souvent connectées à des sorties produits.

Donc, Esprit Musique est un dispositif qui nous conforte dans notre rôle d’opérateur à l’année sur un territoire, et nous nous retrouvons totalement dans la Baseline du dispositif « rendre la musique accessible auprès du grand public ».

Le dispositif « Jeunes Talents » va également en ce sens, c’est un véritable appui qui nous permet de soutenir et de promouvoir chaque année un artiste émergent de la scène locale.

 

 

Quels sont les temps forts de votre programmation ?

Les rendez-vous « Club », c’est tous les vendredis de 23h à 5h, en partenariat avec les collectifs Marseillais les plus activistes et agitateurs de la Région. L’objectif est de proposer au public des artistes émergents issus des nouvelles scènes électroniques. Ce rendez-vous se déroule dans un Cabaret totalement re-scénographié, et adapté à ce format. Ce rendez-vous repose également sur une politique tarifaire basse de 8 Euros en plein tarif et 5 Euros en tarif réduit.
La direction artistique du « Roof top de la Friche »

Nous assurons la direction artistique de ce lieu de 7 000 m2, qui surplombe le quartier de la belle de Mai et nous proposons les vendredis et les samedis de 19 h à 23h, un voyage vers une destination musicale électronique internationale, comme Warp (UK), Ostgut ton/ Berghain (Berlin), en 2014. Ces invitations, sur des formats gratuits et découverte, dans un cadre comme celui du Toit Terrasse, permettent de faire se côtoyer des publics de tout âge, de toutes catégories sociales, du quartier de la belle de Mai aussi bien que de toute la Région, connaisseurs de musiques comme de simples curieux. C’est vraiment un spot fabuleux, 2000 à 3000 personnes assistent chaque soir à ces apéros musicaux. Comme les voisins sont sympa, mais uniquement jusqu’à une certaine heure, le toit ferme à 23 h, et nous enchaînons à partir de 23h00 au Cabaret Aléatoire pour les plus motivés. Nous réfléchissons donc chaque soir à une programmation artistique qui fonctionne de 19h à 5h00 du matin.

 

Le Week End Autour des Cultures Urbaines :

Chaque année en Mai, nous organisons un Week-End autour des Cultures Urbaines, à l’échelle de la Friche Belle de Mai. Cette année cet évènement se déroulera du vendredi 29 Mai au dimanche 1er Juin 2015, et nous mettrons un accent particulier sur la vidéo, le mapping, le graph, le BMX et le Skate.

 

Il y a t-il des projets de développement que vous aimeriez concrétiser ?

This is (not) Music 2 :

Nous travaillons actuellement à la préfiguration de This is (not) Music 2, que nous allons proposer à la ville de Marseille dans le cadre de Marseille Capitale du Sport 2017. Nous pensons que cet événement sera celui qui fera le lien entre la Marseille Capitale de la Culture 2013 et Marseille Capitale du Sport 2017.

Nous pensons que cette deuxième édition sera très attendue suite à la réussite publique, médiatique et artistique de la première édition du festival This is (not) Music. (47 jours d’événements, 105 évènements publics dont 74 gratuits, 85 000 personnes au total, soit plus de 2 000 personnes en moyenne par jour, Plus de 550 heures d’ouvertures publiques.)

 

 

Y a-t-il une anecdote, un souvenir marquant à partager avec nous ?

Si j’omets que pour organiser This is (not) Music, ce sont 18 anecdotes et situations improbables par jour, je dirais que mon souvenir le plus marquant c’est d’avoir organisé un concert gratuit de Justice au Cabaret. 1 000 personnes dans la salle et 5 000 dans la rue, tout le quartier était bloqué, les véhicules ne pouvaient plus circuler. Lorsque l’on appelait la police pour intervenir, ils nous demandaient des invitations.

 

Parmi les groupes qui ont joué dernièrement au Cabaret Aléatoire, avez-vous eu des coups de cœur ? 

Je dirais Rone, Fakear et French 79, le nouveau projet Solo de Simon de Nasser.

 

 

Quel message pour ceux qui ne connaissent pas le lieu ?

Cette année 2015 est une année très importante pour le Cabaret Aléatoire avec un nouveau système son, de nouvelles lumières, une nouvelle scénographie intérieure et extérieure, une nouvelle colonne vertébrale de programmation, une nouvelle charte graphique. Entre nous, nous appelons la nouvelle phase dans laquelle nous entrons le V2, il sera totalement effectif à partir d’octobre 2015.

Pour les fidèles de la première heure, qu’ils soient rassurés, le V2 gardera l’esprit d’origine.

Pour ceux qui ne connaissent pas du tout le projet, il faut qu’ils soient curieux, ce qui est pointu au sens de la qualité artistique et ce qui est populaire au sens plus grand nombre sont réconciliables. Le V2 doit les convaincre de venir découvrir le lieu, son univers, son ambiance unique et évidemment les artistes que nous y programmons.

 

Retrouvez vos places à tarif privilégié par ici : http://bit.ly/1wQY8rr

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Playlist Scènes en Régions – Le Cabaret Aléatoire

  

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