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Le sitar, voix de la spiritualité

Principal instrument du Khyal, musique hindoustanie classique de l’Inde du Nord, le sitar est d’abord l’instrument de prédilection que l’on retrouve dans nombre des œuvres cinématographiques du réalisateur Satyajit Ray, figure emblématique du cinéma d’auteur indien. Il est devenu notoire dans le monde entier à compter des années 60, notamment grâce à l’œuvre du musicien et compositeur indien nous ayant quittés le 11 décembre dernier à l’âge de 92 ans, Ravi Shankar.

Autour de cet instrumentiste de génie ont gravité plusieurs musiciens de talent : sa famille, d’abord, regorge d’artistes aussi talentueux les uns que les autres. Ses enfants, Ananda et Anoushka Shankar, musiciens reconnus, qui ont également œuvré au succès rencontré par le sitar à la fin du siècle dernier…

Mais aussi Norah Jones, dont nous avons déjà parlé ici sur Esprit Musique et qui hérite d’une sensibilité artistique hors du commun par son défunt père : la chanteuse de jazz est aujourd’hui considérée comme l’une des musiciennes les plus talentueuses de sa génération.

C’est toujours à ce même homme que l’on doit la présence du sitar dans quelques standards pop des années 70 : de Paint It Black des Rolling Stones à Norwegian Wood des Beatles – George Harrison était d’ailleurs particulièrement admiratif du travail du sitariste indien – le courant hippie se sera nourri, avec frugalité, de la musique hindoustanie, tant et si bien que Ravi Shankar, invité au festival de Monterrey en 1967 puis à Woodstock en 1969, se voit couronner rockstar malgré lui, logé à la même enseigne que les icônes de l’époque : Jimi Hendrix, Janis Joplin ou encore Jim Morrison.

«  Je trouvais formidable que les jeunes se passionnent pour notre musique, mais je condamnais l’usage des drogues, incompatible avec le caractère sacré de notre musique », déclarait-il au journal Libération en 1999.

Aujourd’hui, le sitar est entré dans les mœurs comme l’instrument symbolisant la spiritualité (parfois acquise après la consommation de substances psychotropes) : le son des cordes frappées résonnant dans cette caisse hémisphérique rappelant un luth (en plus imposant ) au très long manche, flotte dans les consciences comme la voix d’une sérénité longtemps recherchée, d’une sagesse enfin appréhendée. Au royaume du psychédélisme, le sitar est roi.

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